Euskadi et la Nouvelle-Aquitaine unissent leurs forces pour créer le premier écosystème transfrontalier de l’électronique avancée et durable
Le projet européen NAIA va créer un espace technologique commun. Il reliera entreprises, centres technologiques, universités et institutions, qui y partageront infrastructures, connaissances et talents.
Estrategia Empresarial, 23 septembre 2026
L’industrie électronique fait face à des défis majeurs : la transition écologique, la transformation numérique, la nécessité de renforcer l’autonomie technologique européenne et les « tensions » sur les chaînes d’approvisionnement mondiales. C’est dans ce contexte qu’est née NAIA (Nouvelle approche pour l’innovation transfrontalière dans l’électronique avancée et durable). Ce projet européen n° EFA136/06 veut faire de la coopération entre Euskadi et la Nouvelle-Aquitaine un moteur d’innovation. Il vise aussi à renforcer le tissu industriel et à créer de nouvelles perspectives de développement économique.
NAIA est soutenu par le programme Interreg POCTEFA 2021-2027 et cofinancé par l’Union européenne. Pendant les trois prochaines années, il développera la première plateforme technologique transfrontalière spécialisée dans l’électronique durable. Cette infrastructure collaborative reliera les écosystèmes électroniques des deux territoires. Entreprises, centres technologiques, universités, administrations publiques et organismes de formation s’y retrouveront pour mutualiser leurs capacités, mener des projets communs et accélérer le transfert de connaissances vers les entreprises.
Le projet est piloté par Aguila Technology. Il réunit cinq partenaires de référence des mondes industriel, technologique, éducatif et institutionnel :
Pendant les 36 mois du projet, le consortium consolidera cette plateforme technologique commune. L’objectif est de renforcer l’intégration économique, industrielle et technologique de l’espace transfrontalier.
Selon les partenaires, cet espace commun, appelé Common Space, s’organisera autour de trois domaines technologiques jugés stratégiques pour l’avenir de l’industrie :
Le Common Space donnera accès à des infrastructures et à des équipements technologiques. Il permettra aussi de savoir quels savoir-faire, produits, services et projets existent de part et d’autre de la frontière. Il favorisera ainsi des partenariats entre entreprises et centres de connaissances qui étaient jusqu’ici difficiles à repérer. Une entreprise pourra par exemple trouver plus vite de nouveaux partenaires technologiques, accéder à des capacités complémentaires ou repérer des occasions de collaborer et d’innover.
Le projet NAIA vise également à :
Former les talents dont l’industrie a besoin
Le développement des talents est un autre pilier du projet. Il est essentiel pour répondre à la demande croissante de profils spécialisés dans le secteur. NAIA organisera des actions de formation communes à Euskadi et à la Nouvelle-Aquitaine : ateliers spécialisés, programmes partagés, échanges d’élèves et étudiants, ainsi que de nouvelles initiatives pour anticiper les compétences dont l’industrie électronique aura besoin dans les années à venir.
Le projet s’appuie pour cela sur un diagnostic mené au préalable dans les deux régions. Ce diagnostic a recensé les capacités et les infrastructures existantes, ainsi que les principaux besoins des mondes industriel et éducatif. Il servira de base pour concevoir un nouveau modèle de coopération transfrontalière, favorable à l’innovation et à la croissance du secteur.
En somme, le projet veut poser les bases d’un écosystème transfrontalier qui fera de l’Eurorégion une référence européenne de l’électronique avancée et durable.
Cristina Murillo, directrice générale adjointe du Cluster GAIA, souligne que « NAIA est l’occasion de faire franchir un cap à la collaboration entre Euskadi et la Nouvelle-Aquitaine. En partageant infrastructures, connaissances et capacités, nos entreprises accéderont à de nouvelles possibilités d’innovation, trouveront des partenaires technologiques et accéléreront des projets qui seraient beaucoup plus difficiles à mener seules ».
Pour Cristina Murillo, l’un des grands atouts du projet sera justement de relier les connaissances présentes des deux côtés de la frontière : « Nous voulons construire un écosystème qui crée de nouvelles opportunités pour nos entreprises, favorise les alliances industrielles et contribue au développement de secteurs stratégiques comme l’électronique avancée et les semi-conducteurs. Mais nous voulons aussi former les talents dont ces industries auront besoin dans les années à venir, en rapprochant les savoir-faire et les expériences d’Euskadi et de la Nouvelle-Aquitaine », conclut-elle.